France :Le nouveau maire à Saint‑Denis, Bally Bagayoko confronté à des attaques racistes
Le 15 mars 2026, Bally Bagayoko, figure de La France insoumise, est élu dès le premier tour maire de Saint‑Denis (Seine‑Saint‑Denis), devenant le premier dirigeant issu de cette formation politique à diriger une grande ville française.
Dans les jours qui ont suivi sa victoire, plusieurs publications sur les réseaux sociaux et certains médias ont attribué au nouvel élu des déclarations qu’il n’a jamais faites. Une phrase prononcée par le maire en citant un poète historique, « Ville des rois morts et du peuple vivant », a été déformée en « ville des Noirs », pour l’accuser d’être séparatiste ou ségrégationniste. Ces manipulations s’inscrivent dans une campagne de désinformation en ligne, largement relayée par des comptes hostiles à la gauche et à Bagayoko, et ont alimenté un climat de tensions autour de sa personne.
Le maire de Saint‑Denis a également été visé par des commentaires tenus sur la chaîne d’information CNews, où un intervenant a été rapporté comme comparant Bagayoko à « un singe » et à « un chef de tribu », des formulations jugées racistes et discriminatoires. Face à ces attaques, Bally Bagayoko a annoncé qu’il porterait plainte contre CNews, dénonçant les propos racistes diffusés sur la chaîne. Selon plusieurs médias internationaux, « New Saint-Denis mayor sues TV channel CNews over racist comments. Bally Bagayoko, the first mayor from the hard-left France Unbowed party to win a major French city, has filed a lawsuit against television channel CNews for airing racist comments about him. »
En parallèle, le maire a appelé à un rassemblement citoyen contre le racisme et les discriminations, prévu sur le parvis de l’hôtel de ville. Ces initiatives ont été soutenues par plusieurs personnalités politiques et institutions. Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, s’est dit très choqué par ces propos, les qualifiant « d’ignobles et inacceptables », et a exprimé son soutien au maire en rappelant que la République française reconnaît tous ses enfants, quelle que soit leur origine. Catherine Pégard, ministre de la Culture, a dénoncé ces attaques comme « ignobles et inadmissibles », soulignant que « la liberté d’expression ne peut pas aller contre les règles de la civilité ». Des associations comme SOS Racisme ont saisi l’autorité de régulation audiovisuelle (Arcom) suite à la diffusion de ces allégations racistes, jugeant ces séquences révélatrices d’un racisme de plus en plus décomplexé dans l’espace public.
Cette séquence politico‑médiatique dépasse le cadre d’une simple controverse municipale. Elle révèle les tensions autour des questions d’identité, d’origine et de représentation politique en France, et alimente un débat sur la manière dont les médias et certains acteurs politiques parlent de figures publiques issues de la diversité.



