TRS et dette publique : le Sénégal défend une stratégie de financement “maîtrisée et transparente”
Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, est monté au créneau pour défendre les opérations de financement récemment mises en cause, notamment les Total Return Swaps (TRS), dans un contexte de débats alimentés par certains articles de la presse internationale, dont le Financial Times.
Dans une déclaration détaillée, le ministre a tenu à rappeler que si la crédibilité d’un média de référence est reconnue, elle ne saurait constituer un argument d’autorité suffisant pour valider sans réserve le contenu d’une publication. Il a insisté sur la ضرورة de distinguer la réputation d’un organe de presse de l’exactitude ou du cadrage d’un article précis, soulignant que toute information peut être partielle, sujette à interprétation ou comporter des erreurs.
Sur le fond, Cheikh Diba a défendu le recours aux TRS comme un instrument de financement adapté aux contraintes actuelles des marchés. Selon lui, cette stratégie a permis à l’État du Sénégal d’accéder à des ressources à un coût significativement inférieur à celui des eurobonds. Il avance qu’en 2025, un financement sur les marchés internationaux aurait impliqué des taux compris entre 11 % et 12 %, contre environ 7 % via ces instruments, générant ainsi une économie estimée à près de 35 milliards de francs CFA.
Le ministre a également rejeté les accusations d’opacité ou de dissimulation. Il affirme qu’aucun actif public n’a été mis en garantie, qu’il n’existe ni transfert de propriété atypique ni passif caché, et que ces opérations s’inscrivent dans le cadre classique des émissions sur le marché des titres publics. Les montants mobilisés seraient intégralement retracés dans les statistiques officielles.
Concernant la transparence, il a indiqué que le recours aux TRS a été porté à la connaissance de l’Assemblée nationale dès novembre 2025, intégré dans les documents budgétaires, et communiqué aux partenaires techniques et financiers, notamment le Fonds monétaire international, dans le cadre des échanges réguliers sur le programme de financement.
Le gouvernement souligne par ailleurs que ces instruments ne constituent pas une innovation isolée. Le Sénégal a déjà eu recours à des produits dérivés à plusieurs reprises au cours des dernières années, notamment pour se prémunir contre les risques de change, dans un cadre prévu par la loi de finances.
Les fonds levés dans le cadre de ces opérations ont servi à couvrir les besoins de financement de l’État pour l’exercice 2025, incluant le service de la dette, les investissements publics et les dépenses courantes. Les autorités assurent que les opérations ont été réalisées conformément au plan de financement voté et dans le respect des règles budgétaires.
Face aux interrogations persistantes, le gouvernement réaffirme son engagement en faveur de la transparence, de la soutenabilité de la dette et d’une gestion rigoureuse des finances publiques, tout en défendant la pertinence d’instruments jugés plus avantageux dans un environnement international marqué par la hausse des taux.



