La Méditerranée au bord d’une catastrophe écologique : le tanker russe Arctic Metagaz remorqué par la Libye
La garde côtière libyenne a pris en charge le tanker de gaz naturel liquéfié (GNL) Arctic Metagaz, qui dérivait sans équipage depuis plusieurs semaines en Méditerranée centrale, soulevant des inquiétudes majeures sur les plans environnemental, sécuritaire et économique. Le navire, immatriculé sous pavillon russe et appartenant à la société Lathyrus Shipping, transportait environ 60 000 tonnes de GNL, soit une cargaison complète, ainsi que près de 900 tonnes de diesel pour son fonctionnement. Cette situation en faisait un véritable navire fantôme potentiellement explosif, d’autant plus que ses systèmes de propulsion et de gouvernail étaient endommagés.
Plusieurs pays méditerranéens avaient alerté les autorités libyennes sur le danger que représentait ce tanker. La Méditerranée centrale, où les systèmes de surveillance sont parfois limités, avait permis au navire de dériver plusieurs semaines avant que son identité et son propriétaire ne soient confirmés. L’absence d’équipage et la désactivation possible de son système de suivi AIS ont compliqué la surveillance et retardé l’intervention. Pendant cette période, le navire constituait un risque immédiat pour la navigation commerciale, pouvant entrer en collision avec d’autres navires. La cargaison de GNL, bien que moins polluante qu’un pétrole brut, présente un risque d’explosion et d’incendie si elle s’échappe et s’enflamme. Une fuite pourrait également provoquer des perturbations thermiques et la mortalité de la faune marine locale.
Face à cette situation, le Gouvernement d’Unité Nationale (GNU) a déployé la garde côtière pour sécuriser et remorquer le navire. Le Arctic Metagaz est désormais attaché à un remorqueur et dirigé vers un port libyen capable de gérer un navire endommagé et sa cargaison sensible. La National Oil Corporation (NOC), en coordination avec les autorités locales, supervise l’opération, qui comprend la sécurisation de la structure du navire, le contrôle et la stabilisation de la cargaison de GNL et de diesel, ainsi que la prévention de toute fuite ou incident environnemental. Les prochaines étapes pourraient inclure le déchargement sécurisé du GNL, la réparation du navire, ou, si les dégâts sont trop importants, son désarmement et démantèlement.
Cet incident met en lumière les failles de surveillance en Méditerranée centrale, où un navire peut dériver plusieurs semaines sans intervention immédiate. Les risques sont accrus lorsque la cargaison est dangereuse et que le navire est abandonné. La situation souligne également l’importance d’une coopération internationale, impliquant les pays voisins, les assureurs et les armateurs, pour éviter que des navires dérivants deviennent une menace écologique ou sécuritaire.
La prise en charge du Arctic Metagaz par la Libye a évité le pire, mais rappelle que la Méditerranée reste vulnérable à des incidents maritimes aux conséquences environnementales et économiques potentiellement catastrophiques. Le suivi de l’opération et la gestion de la cargaison dans les prochaines semaines seront cruciaux pour prévenir toute tragédie écologique.



