CAF: Dakar mobilise l’opinion internationale
La contestation sénégalaise de la décision de la Confédération africaine de football a pris une dimension à la fois politique et sportive à travers deux prises de parole majeures : celle de la ministre de la Justice, Yassine Fall sur la BBC, et celle du secrétaire général de la Fédération sénégalaise de football, Abdoulaye Saydou Sow, sur France 24.
Dans son intervention, la ministre sénégalaise insiste sur le caractère « illégal » et « injuste » de la décision prise par le jury d’appel de la CAF, qui a attribué la victoire au Maroc sur tapis vert plusieurs semaines après la finale. Elle rappelle que la rencontre était allée à son terme sous la supervision de l’arbitre, et que le résultat avait été validé sur le terrain. Pour elle, revenir sur ce score constitue une rupture grave avec les règles fondamentales du football et une décision « disproportionnée » au regard des faits. Elle souligne également l’existence d’irrégularités présumées et appelle à l’ouverture d’une enquête « transparente et impartiale ». Le Sénégal, affirme-t-elle, saisira le Tribunal arbitral du sport afin d’obtenir une réévaluation indépendante du dossier.
De son côté, Abdoulaye Saydou Sow adopte un ton nettement plus offensif. Il qualifie la décision de « manipulation » et de « forfaiture », estimant qu’elle ne repose pas sur une application correcte des textes. Selon lui, le fait que les joueurs sénégalais aient temporairement quitté le terrain ne saurait être assimilé à un abandon dès lors que le match a repris et s’est achevé normalement. Il rappelle que des sanctions disciplinaires ont déjà été infligées (amendes et suspensions) conformément aux règlements en vigueur, ce qui, à ses yeux, exclut toute remise en cause du résultat final.
Le responsable de la FSF met également en cause la gouvernance de la CAF. Il estime que l’indépendance de ses organes décisionnels est « théorique » et suggère que les décisions pourraient être influencées en dehors des cadres formels. Sans apporter de preuves directes, il évoque des soupçons de corruption et appelle à une enquête approfondie. Il insiste sur le fait que cette affaire dépasse le seul cadre du Sénégal et pose la question plus large de la crédibilité du football africain.
Les deux interventions convergent sur un point central : le recours au Tribunal arbitral du sport apparaît comme l’ultime voie de règlement du litige. Tandis que le gouvernement sénégalais met en avant la nécessité de défendre les principes de justice et de transparence, la Fédération insiste sur la restauration du droit sportif et le respect des règlements existants.
À travers ces prises de parole complémentaires, Dakar affiche une stratégie claire : contester juridiquement la décision, mobiliser l’opinion internationale et poser un débat de fond sur la gouvernance du football en Afrique.



