Après le retrait de ses forces du Niger et plusieurs années de tensions avec les régimes militaires du Sahel, Washington tente de préserver des canaux de coopération avec les pays de l’Alliance des États du Sahel. La nouvelle approche passe moins par une présence militaire visible et davantage par des accords sanitaires, le dialogue diplomatique et des gestes ciblés.

La santé comme point d’entrée

Le 25 février 2026, le Département d’État a annoncé une coopération sanitaire pouvant atteindre 147 millions de dollars sur cinq ans avec le Burkina Faso. L’accord vise notamment la lutte contre le VIH, le paludisme et les maladies infectieuses, ainsi que la surveillance épidémiologique. Le communiqué américain inscrit ce financement dans la stratégie America First Global Health.

Le Niger a signé à son tour un protocole sanitaire de cinq ans le 26 février. Selon l’ambassade des États-Unis à Niamey, le dispositif repose sur des engagements américains et nigériens destinés à renforcer les services de santé et la préparation aux épidémies.

Un rapprochement qui reste prudent

Au Mali, Washington a également retiré fin février les sanctions visant trois hauts responsables, dont le ministre de la Défense Sadio Camara. Cette décision facilite la reprise du dialogue, mais elle n’efface ni la coopération militaire entre Bamako et Moscou ni les critiques concernant les atteintes aux droits humains.

Parler d’une simple « reconquête » américaine serait donc excessif. Les pays de l’AES cherchent à diversifier leurs partenaires sans revenir au modèle de coopération antérieur. Les États-Unis, de leur côté, veulent conserver un accès diplomatique et sécuritaire dans une région où progressent la Russie, la Chine et les groupes armés.

Ces accords sanitaires offrent des ressources concrètes, mais ils doivent aussi être examinés sous l’angle du financement national, de la durée des engagements et de la protection des données de santé. Le rapprochement est réel ; sa portée politique et sa durabilité restent encore à mesurer.

Note de mise à jour — 21 octobre 2026 : l’article a été réécrit pour distinguer les faits établis de l’interprétation géopolitique et intégrer les documents officiels disponibles.