Quand la TFM sauve sa face et celle de “Quartier Général”
Le Sénégal a été récemment secoué par une affaire de mœurs impliquant une trentaine de personnes, dont l’animateur vedette de la Television futur média, Pape Cheikh Diallo. L’histoire, mêlant homosexualité présumée et transmission volontaire du VIH, s’inscrit dans un contexte social et légal très strict, où la réprobation est forte et où les autorités envisagent de durcir les sanctions. L’enjeu dépassait largement la sphère individuelle : il touchait aux valeurs collectives, religieuses et morales de la société sénégalaise.
“Quartier Général”, diffusé pendant le Ramadan, est un rendez-vous incontournable, combinant débats sur l’actualité, interactions avec le public et discussions sur des questions de société et de religion. L’absence de son animateur vedette représentait donc un double défi : éditorial et économique. Les sponsors et annonceurs, attirés par l’audience et la popularité de Pape Cheikh Diallo, risquaient de se détourner, et l’émission perdait une part de sa dynamique et de son identité.
Pour gérer cette crise, la TFM a rapidement déployé une stratégie de communication et de repositionnement. El Hadji Assane Guèye, directeur de la radio et personnalité respectée, a été choisi pour apporter crédibilité et autorité morale. À ses côtés, Dieynaba Seydou Ba, journaliste très talentueuse, a été placée comme visage féminin du duo. Sa présence ne se limite pas à ses compétences professionnelles : en tant que femme voilée, elle incarne les valeurs culturelles et religieuses de la société sénégalaise, rassurant le public sur la continuité morale et éditoriale de l’émission.
Pourtant d’autres profils plus jeunes, comme Aba Non Stress ou Ya Awa Dieye, avaient été cités , mais la direction a préféré privilégier la stabilité, la respectabilité et la crédibilité dans un contexte très sensible.
Par stratégie la TFM a choisi le silence sans aucune mention du nom de leur collègue aujourd’hui dans une situation difficile. Une attitude compréhensive qui illustre également une rupture symbolique : la chaîne semble chercher à redéfinir l’émission sans associer son image à une controverse pouvant affecter la perception du public.
Il est important d’analyser le rôle que la TFM a réussi à faire jouer à l’animateur qui avait auparavant été intégré dans une conceptualisation créer un pont entre jeunesse et religion en abordant, avec des savants et des imams, des questions de mariage, de pratique religieuse ou de société. C’est le cas de midi plus avec Oustaz Modou Dall ou encore de Quartier Général avec des invités religieux plus large.
Il faut rappeler que “Quartier Général” évolue dans un paysage médiatique concurrentiel, où d’autres programmes nocturnes et spéciaux du Ramadan captent l’attention. C’est pourquoi chaque décision de la TFM choix des remplaçants, repositionnement symbolique et silence calculé relève donc d’un arbitrage combinant communication de crise, enjeux économiques et compétition.
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