Mort d’un étudiant à l’UCAD : le ministre Daouda Ngom s’explique et défend l’action de l’État
Au lendemain du décès de Abdoulaye Ba, étudiant en licence 2 à la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Dr Daouda Ngom, s’est exprimé lors de la conférence de presse du gouvernement.
Le gouvernement du Sénégal a fait face à la presse ce mardi au lendemain du décès d’un étudiant à l’uUcad. Ministre de tutelle, Dr Daouda Ngom s’est expliqué et en a profité pour défendre l’action du gouvernement. l’entame de son propos, le ministre a rendu hommage à la victime. « En ma qualité de ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, je m’incline respectueusement devant la mémoire de Abdoulaïba », a-t-il déclaré, avant d’adresser « [ses] condoléances les plus attristées aux parents de la victime », ainsi qu’à « la communauté universitaire en général et la communauté estudiantine en particulier ». Il a également exprimé « une pensée profonde pour tous les blessés » en leur souhaitant « un prompt rétablissement ».
Une crise structurelle aggravée par des facteurs conjoncturels
Le ministre a inscrit ce drame dans un contexte plus large de dysfonctionnements du système universitaire sénégalais. Selon lui, « ce décès survient dans un contexte marqué par une crise récurrente liée à la gestion des allocations d’études », elle-même aggravée par « les chevauchements d’années académiques », conséquence des crises sanitaires, notamment la Covid-19, et des tensions socio-politiques entre 2021 et 2024.
Il a reconnu l’existence de « lacunes structurelles » dans l’enseignement supérieur, évoquant notamment « la massification de la population estudiantine » et « les déficits d’infrastructures », tout en soulignant « la grande résilience » du système universitaire sénégalais.
Les bourses au cœur des tensions
Abordant la question des bourses, à l’origine des troubles récents, Dr Daouda Ngom a admis « qu’il y a eu peut-être une incompréhension entre les étudiants et l’administration ». Il a cependant affirmé que « depuis le début de l’année académique, les bourses sont régulièrement payées le 5 de chaque mois » et que « l’État ne doit aucun arriéré de bourse aux étudiants ».
Le ministre a expliqué qu’une réforme est en cours afin de faire coïncider « la durée d’obtention de la bourse au temps de présence effective de l’étudiant dans les universités ». Désormais, « l’étudiant commence à percevoir sa bourse à compter de sa date d’inscription », tout en garantissant qu’« il pourra toujours toucher 12 mois de bourse par an ».
La restauration universitaire et l’effort financier de l’État
Sur la question de la restauration universitaire, le ministre s’est dit surpris par certains comportements. « Il est difficile de comprendre que les étudiants décident de se restaurer sans payer les tickets subventionnés à 90 % par l’État », a-t-il déclaré.
Il a rappelé que l’étudiant paie « 250 francs par jour » pour ses repas, tandis que « l’État paye 2250 francs en moyenne par étudiant et par jour ».
Dr Daouda Ngom a insisté sur l’effort budgétaire consenti par le Sénégal dans l’enseignement supérieur. « En 2025, l’État a dépensé 105 milliards pour les bourses », a-t-il indiqué, comparant ce chiffre à ceux de pays voisins : « la Côte d’Ivoire est à 39 milliards, le Bénin à 12 milliards ».
Critiques sur le leadership étudiant
Le ministre a également pointé du doigt le profil de certains responsables du mouvement étudiant. « Un des leaders les plus en vue du collectif des amicales de l’UCAD est un étudiant de 30 ans qui est à l’université depuis 2016 », a-t-il déclaré, estimant qu’« on ne peut pas faire 10 ans à l’université et continuer à diriger le mouvement étudiant ». Il a par ailleurs évoqué « des influences extérieures, notamment politiques » sur certains dirigeants étudiants.
Clarification sur les franchises universitaires
Concernant les accusations de violation des franchises universitaires, Dr Daouda Ngom a été catégorique : « Les franchises universitaires n’ont jamais été violées par l’EPAN ». Il a précisé que, conformément à la loi 84-79, « le campus social n’est pas compris dans le périmètre de la franchise universitaire », le comparant à « un quartier de Dakar ».
Le ministre a aussi appelé à « une grande introspection », à « une synergie des intelligences collectives » et à « une élévation des responsabilités ». Il a plaidé pour « une culture de l’apaisement » et rappelé les initiatives de concertation menées par son département, notamment « les assises de l’enseignement supérieur tenues du 21 au 25 juillet 2025 » et les rencontres régulières avec les syndicats d’enseignants et d’étudiants.



