Première Africaine admise à l’École polytechnique, la chercheuse sénégalaise Rose Dieng-Kuntz a consacré sa carrière à l’intelligence artificielle et au partage des connaissances. Son parcours permet aussi de comprendre une question toujours actuelle : comment rendre le raisonnement des machines accessible à leurs utilisateurs ?

L’École polytechnique la présente comme une pionnière de l’intelligence artificielle et du web sémantique. Après sa formation d’ingénieure à l’École nationale supérieure des télécommunications et une thèse en informatique à l’université Paris-Sud, elle commence sa carrière chez Digital Equipment Corporation, avant de rejoindre l’Inria en 1985.

Faire expliquer les systèmes experts

Dans un entretien publié par Interstices, Rose Dieng-Kuntz détaille ses travaux sur les systèmes experts : des programmes qui exploitent des connaissances et des règles pour résoudre un problème. Son rôle porte notamment sur les explications que le système peut fournir à la personne qui l’utilise.

L’enjeu ne se limite donc pas à obtenir une réponse. Il s’agit aussi de comprendre pourquoi la machine privilégie une solution plutôt qu’une autre. Ce travail s’inscrit dans une histoire de l’intelligence artificielle antérieure à l’essor des outils génératifs actuels.

L’année 1992 correspond au lancement du projet ACACIA, qu’elle dirige à l’Inria. Ce programme s’intéresse à l’acquisition des connaissances, notamment auprès de plusieurs experts, pour construire des systèmes capables de les exploiter et de préparer leurs explications.

Organiser et partager les connaissances sur le web

Ses recherches évoluent ensuite vers la gestion des connaissances et le web sémantique. Le principe consiste à associer aux informations des descriptions structurées et des relations entre concepts, afin de faciliter leur recherche et leur traitement informatique.

L’hommage institutionnel publié par l’Inria confirme qu’elle a reçu le prix Irène Joliot-Curie en 2005 et a été nommée chevalier de la Légion d’honneur en 2006. Elle est décédée le 30 juin 2008.

Pour le Sénégal et l’Afrique, son héritage repose sur cette contribution scientifique documentée autant que sur la portée symbolique de son parcours. Ses travaux rappellent que la valeur d’une technologie dépend aussi de la manière dont elle permet de comprendre, de transmettre et de partager le savoir.

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Correction du 21 octobre 2026 : la date de 1992 désigne le lancement d’ACACIA, et non le doctorat. Deux citations sans source et la mention non étayée d’un prix annuel créé en son nom en 2009 ont été retirées, ainsi que des détails biographiques insuffisamment documentés. Date de publication initiale conservée.