l’Assemblée nationale renforce l’ancrage régional du Sénégal avec 2 accords stratégiques avec la Gambie et la Guinée
L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté, ce mardi 17 février 2026, deux projets de loi autorisant la ratification d’accords bilatéraux majeurs en matière de coopération sécuritaire et judiciaire. Les textes ont été votés à l’unanimité des 125 députés présents ou représentés, sans aucune voix contre ni abstention, traduisant un large consensus politique sur les enjeux de stabilité sous-régionale.
Le premier texte autorise la ratification d’un accord de coopération militaire et technique entre le Sénégal et la Guinée , signé le 19 juin 2021 à Accra. Le second concerne une convention relative à l’extradition entre le Sénégal et la Gambie, signée le 12 mars 2020 à Dakar.
Un vote unanime dans un contexte régional sensible
Sur les 165 députés inscrits, 125 ont pris part au vote, dont 12 par procuration. Les deux projets ont été adoptés à 100 % des suffrages exprimés. Ce vote sans réserve intervient dans un contexte régional marqué par la recomposition des équilibres sécuritaires en Afrique de l’Ouest, entre menaces terroristes sahéliennes, criminalité transfrontalière et transitions politiques dans plusieurs États voisins.
En séance plénière, le ministre des Affaires étrangères a souligné que ces instruments juridiques s’inscrivent dans une diplomatie « active et pragmatique », orientée vers la consolidation de la stabilité sous-régionale.
Coopération militaire : anticipation et mutualisation
L’accord avec la Guinée ouvre la voie à un approfondissement des échanges militaires et techniques : formation, partage d’expertise, coordination stratégique ou encore renforcement des capacités opérationnelles. Dans un environnement sécuritaire en mutation, cette coopération traduit une logique d’anticipation.
Au-delà du bilatéral, elle illustre une tendance plus large : le renforcement des partenariats directs entre États voisins, parallèlement aux mécanismes multilatéraux régionaux. Cette approche permet une réactivité accrue face aux défis spécifiques des zones frontalières.
Extradition : lutter contre les zones grises judiciaires
La convention d’extradition avec la Gambie répond à un autre impératif : la lutte contre l’impunité dans un espace marqué par la forte mobilité des populations. Les deux pays, enclavement géographique oblige, entretiennent des interactions humaines, économiques et sociales constantes.
La formalisation d’un mécanisme d’extradition clarifie les procédures, renforce la coopération judiciaire et limite les risques de refuge transfrontalier pour les auteurs d’infractions. Elle constitue un outil juridique essentiel dans la lutte contre les trafics, la criminalité organisée et les infractions financières.
Ces deux accords traduisent la volonté du Sénégal de consolider sa posture d’acteur stabilisateur en Afrique de l’Ouest. En misant à la fois sur la coopération militaire et la coordination judiciaire, Dakar adopte une approche intégrée de la sécurité : prévention, dissuasion et réponse juridique.
L’unanimité parlementaire observée lors du vote envoie également un signal politique fort : sur les questions de souveraineté, de sécurité et de coopération régionale, un consensus national semble prévaloir.
À l’heure où les équilibres ouest-africains évoluent rapidement, ces ratifications confirment l’option stratégique du Sénégal : renforcer les alliances de proximité pour préserver la stabilité et la continuité institutionnelle dans un environnement régional incertain.




